Pour la navigation vous devriez prendre le temps de préparer votre croisière soigneusement. Bien sûr les loueurs vous proposent des programmes bien ficelés et qui ont l'avantage d'être sûrs d'un point de vue temps de parcours. Cependant vous avez vos propres goûts et c'est tellement agréable de plonger dans les cartes quelques semaines avant le départ, de calculer vos étapes et de choisir vos haltes. On est déjà en vacances ...

Les écluses !
Les écluses c'est la hantise de ceux qui n’ont jamais pratiqué ! Toutes les personnes avec lesquelles je parle de croisière sur les canaux me disent : "et les écluses, tu fais comment" ? Pas de panique, ce n'est pas difficile et les éclusiers sont là pour s'assurer que tout se passe bien. Ils connaissent les particularités de leur écluse et vous donneront les bons conseils. Plaisancier, même expérimenté, écoute toujours les conseils des éclusiers ! Il y a parfois des pièges.

Une écluse ça marche comme ça : testez cette petite simulation géniale ! N'oubliez pas de fermer la vanne aval avant d'ouvrir la vanne amont, sinon ça ne remplira pas et vous perdrez la précieuse eau qui alimente le canal (pareil dans l'autre sens).

lien vers la simulation

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Les écluses automatiques sont en général des écluses simples leur système de commande est bien expliqué, un interphone est à disposition en cas de difficulté. Enfin les écluses manuelles sans éclusier, et bien il faut se débrouiller, tout faire dans le bon ordre comme expliqué juste avant.

En l'absence d'éclusier il faut quand même bien consulter la carte, les difficultés y sont notifiées (par exemple : "ouvrir doucement les vantaux", si vous ne le faites pas il est probable que vous n'arriviez pas à tenir le bateau dans le sas).

Ouverture des vantaux, photo PhB.

Le bateau.
Le bateau que l'on vous confie est en général étudié pour ne pas présenter de difficulté. Prenez en soin et surtout ne le pilotez pas comme une voiture. Un bateau a de l'inertie, il faut anticiper un peu et tout faire en douceur. Rien ne sert d'être vif ou brutal avec un bateau de toutes les façons il ne fait que ce qu'il peut. Pensez que ces bateaux peuvent faire 10 tonnes avec un moteur de 80ch, alors ...
En général le loueur vous donnera un petit manuel pour expliquer tout cela, y compris les particularités de votre parcours s'il y en a. Lisez bien ce manuel, il est précieux.

Je ne vais donc pas revenir sur les principes de bases. Il y a cependant un "truc" que je tiens à dire et que les loueurs ne pensent pas souvent à signaler :

La rotation de l'hélice exerce un couple qui n'est pas neutre dans la façon de diriger le bateau.

Cela peut avoir une influence dans deux cas distincts et c'est très agréable d'en être informé.
a) Vous êtes en ligne droite et une difficulté se présente comme, par exemple, un rétrécissement. Si vous souhaitez ralentir, ne le faites pas trop tard car le changement de régime de l'hélice provoquera inévitablement un changement sensible de la direction du bateau.
b) En engageant la marche arrière vous constaterez que votre bateau a une tendance à tourner d'un côté (lié au pas de l'hélice, en général l'arrière chasse vers bâbord (gauche)). Cette particularité à deux conséquences.
>> La première est qu'en entrant dans une écluse, si vous arrivez en piquant doucement le nez vers le mur de gauche, le coup de marche arrière pour arrêter le bateau va plaquer l'arrière du bateau le long du mur. C'est assez pratique (en supposant que le pas de l'hélice est standard, sinon c'est à droite que ça se fait).
>> La seconde concerne les demi-tours, nous le verrons plus loin.

Il y a un autre "truc" que je tiens à dire et que les loueurs devraient impérativement vous expliquer : où se trouve la trappe d'accès à l'hélice ?

Cette fameuse trappe, quand elle existe, se trouve toujours à l'arrière du bateau, parfois dans une cabine, sous une couchette ce qui n'est pas commode, elle donne accès à un puits qui surplombe l'hélice. Cet accès est indispensable lorsque vous avez ramassé des herbes autour de l'hélice ! Ces herbes battent autour de l'hélice et la font caviter ce qui à pour effet de diminuer la propulsion dans des proportions dramatiques. Alors deux possibilités : soit vous savez où se trouve la trappe, soit vous plongez pour dégager l'hélice. Ce petit conseil vous évitera à coup sûr un appel à l'aide inutile. Souvent les loueurs vous disent que quand il y a de l’herbe, un bon coup de marche arrière et ça s’en va ; oui quand c’est de l’herbe, mais quand c’est un bout de fil de fer et bien, ça ne s’en va pas !

Les manoeuvres.
Là encore je ne vais pas vous faire perdre de temps à rappeler tout ce qui est dans les manuels. Un point malgré tout qui est essentiel : pensez que votre bateau est tous comptes faits assez robuste mais sont point sensible est l'arrière où se trouvent l'hélice et le safran (le gouvernail). Ces deux pièces mécaniques peuvent se trouver accidentées par une fausse manoeuvre et c'est la panne fatale.

Ceci étant compris, deux règles sont essentielles :
a) Naviguer au millieu du chenal pour éviter de ramasser tout ce qui traîne le long des berges. Se rabattre pour croiser ou lorsque la visibilité est insufisante.
b) Ne jamais approcher la berge par l'arrière sauf si vous connaissez l'endroit et qu'il est sûr.

Je vais juste placer quelques lignes sur le demi tour. Un canal ce n'est pas large, il y a parfois juste la longueur du bateau dans la largeur du cours d'eau. Dans ce cas le mieux est d'amener doucement le nez à la berge puis de tourner la barre à fond et enclencher doucement le moteur en avant. Le bateau n'a pas d'autre choix que de tourner. Lorsque vous aurez quasiment fait le demi tour, vous mettez un peu en arrière pour retrouver le millieu du chenal puis vous repartez en avant et le tour est joué.

voir animation

Enfin si le cours d'eau est assez large le demi tour se fera en mettant la barre à fond d'un côté (souvent à droite pour profiter de l'effet lié au pas d'hélice standard) puis en alternant avant - arrière sans jamais changer la barre, cela ne sert à rien et en mettant suffisamment de gaz.

Les arrêts.
Voila un sujet critique, la qualité de votre croisière peut être liée au choix judicieux de vos arrêts. Vous devez choisir les points d'arrêt que vous souhaitez en fonction de vos objectifs (bonne table, visite, verdure...).

Cependant ne vous privez pas de bien regarder la carte avant de choisir un point d'arrêt, votre nuit peut en dépendre. Evitez la proximité d'une grande route ou pire, d'un chemin de fer. Cela semble évident mais on peut oublier. En cas de vent, évitez aussi de vous stationner face au vent, sans quoi vous allez entendre l'eau glouglouter toute la nuit le long de la coque (particulièrement sensible avec les Pénichettes). Enfin n'hésitez pas à rester en "pleine nature", loin de tout, deux piquets à la berge, c'est magique. Vérifiez vos amarres avant d'aller dormir, c'est toujours désagréable de se retrouver au milieu du chenal pour le petit déjeuner.

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Enfin, il y a quelques endroits interdits au stationnement, ils sont balisés, cependant, le bon sens nous guide, il faut éviter de stationner dans les courbes, les endroits étroits, etc. Il n'y a pas de navigation la nuit mais certains bateau sont "lève tôt" il faut donc éviter d'être gênant.

Pour finir vous pouvez jeter un petit coup d'oeil sur les signaux utilisés en rivière ICI.

PhB